Cinéma, Télévision, Publicité, Postproduction.
Loisel & Tripp, traits complicesRégis LOISEL : « Un matin, alors qu’il en bavait sur les planches de Paroles d’anges et moi sur l’encrage de Peter Pan, il me lance : « Je sais ce qu’il faut pour régler nos problèmes : dessiner ensemble ! »
Jean-Louis TRIPP : « J’ai peut-être vu ça en rêve. Ce qui est sûr, c’est que je lui ai dit un jour à la blague, qu’un dessinateur virtuel, mélange de nous deux, n’aurait que du plaisir ! »
De cette phrase lancée au hasard d’une conversation est née l’une des plus passionnantes aventures picturales de ces dernières années. Ou comment deux auteurs de BD reconnus choisissent de faire cohabiter leurs styles, leurs méthodes de travail, leurs techniques pour donner naissance à une œuvre atypique faite du meilleur de chacun : le «Magasin général»

DIFFUSION TV5 MONDE le 28 Janvier 2010 à 17h
Premier prix au Festival du film Documentaire Jeunesse de la Rochelle
Sélectionné au Festival International du Film sur l’Art de Montréal (Mars 2010)
Co-réalisation : Dominique Tripier-Mondancin, Patrick Foch et Adeline Le Guellaud
Montage : A. Le Guellaud
Image : D. Tripier
Musique : C. Julien
Mix : O. Calvat
Special Thanks : Régis, Jean Louis, François, Jimmy…
Production : P.Aussel – le-loKal Production
PRESSE :
Article signé Laurence Le Saux -Télérama n° 3132
Ils ont mis leurs ego de côté pour fusionner leurs talents. Depuis 2005, Régis Loisel (auteur notamment de la série Peter Pan) et Jean-Louis Tripp – dessinateur du Nouveau Jean-Claude – travaillent ensemble sur Magasin général (1). Simple et touchante, leur saga dessinée raconte le quotidien des habitants de Notre-Dame-des-Lacs, dans le Québec des années 20. Pendant près d’une heure, ce documentaire explique le mode de fonctionnement de ces auteurs français installés à Montréal. « Chacun de nous deux fait ce qu’il aime, raconte Jean-Louis Tripp. Ça se mélange de façon intime et crée un troisième dessinateur. »
Les deux complices réfléchissent ensemble à l’histoire, puis s’attaquent séparément à l’image. Régis Loisel sort le premier ses crayons, pour « mettre en scène en relief, créer l’énergie et le sentiment » par le dessin. C’est ensuite au tour de Jean-Louis Tripp d’oeuvrer sur les planches communes. « Sa démarche est celle d’un peintre, poursuit Loisel. Il travaille l’ombre et la lumière, reprend mon trait en lui donnant de la gracilité. »
La collaboration a engendré quelques angoisses. L’un voulait « éviter de devenir l’encreur de Loisel », l’autre craignait d’« étouffer Jean-Louis en en faisant trop ». L’équilibre a fini par naître, sans pour autant chasser les agacements : « Régis change à chaque case la façon dont les personnages sont habillés, ça me rend fou ! » se plaint Tripp. Le film trouve le juste ton pour détailler l’ambiance de l’atelier. La caméra filme (en accéléré) les gribouillis qui deviennent une scène admirablement vivante, le fouillis d’un bureau ou un paysage enneigé inspirant. Elle trace un captivant portrait d’artisans en plein effort.
Article signé Laure Garcia – Télé Ciné Obs
Parmi les Français installés au Québec, deux auteurs de bande dessinée atypiques ont non seulement refait leur vie dans la Belle Province, mais aussi entamé une série formidable se déroulant dans la campagne québécoise des années 1920 : « Magasin général », dont le tome 5 vient de paraître (Casterman), caracole depuis sa création au sommet des meilleurs ventes.
La renommée des deux auteurs y est pour beaucoup : Régis Loisel est le dessinateur de l’iconique « Quête de l’oiseau du temps, série phare d’héroic fantasy, et Jean-Louis Tripp u nauteur de l’époque « Métal Hurlant », longtemps retiré de la BD pour se consacrer à la peinture et la sculpture.
Leur histoire québécoise est séduisante, truculente, et son personnage principal, une jeune veuve qui tient l’épicerie du hameau de Notre-Dame-des-Lacs, attachant. Le charme réside aussi dans les dialogues, une « parlure » québécoise que les deux français font impitoyablement relire par Jimmy Beaulieu, un auteur « pure laine » (un Québécois de souche).
C’est à leur rencontre que nous convie ce documentaire, aussi chaleureux que leur atelier et leurs fous rires.


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